Cartésiens, secouez-vous!

 

André Meyer

Avis d’expert par André Meyer, consultant formateur, travaille notamment sur l’intelligence visuelle, les techniques de créativité, l’organisation et l’efficacité, et l’utilisation raisonnée des nouvelles technologies.

On sait le français très attaché à la sacro-sainte liste à puces, en toutes circonstances : qui n’a pas dû affronter la diapositive Powerpoint et son énumération laborieuse – et pour tout dire, indigeste – des « 12 propositions retenues », livrées avec force détail ; ou encore, après une séance de brainstorming, la page saturée de ratures, d’ajouts dans la marge, de flèches qui se croisent pour intercaler ci et là une idée rajoutée en cours de route.

Mais sait-on que derrière cet attachement se cache une réalité plus enfouie, déterminant nos choix et nos décisions, sujet d’étude des sciences cognitives[1] et de leurs applications à la prise de décision, à lacréativité, à la mémorisation ou encore à la capacité de synthèse.

La liste à puce est en effet le reflet d’une pensée linéaire et verbale (verbeuse ?), où les idées se lisent de haut en bas, verticalement, par bribes (un point à la fois). Quoi d’étonnant à cela : dès l’école primaire, nous sommes entraînés à penser de cette manière (« Grand I, grand II… »). C’est également le résultat d’une sur-utilisation de la partie gauche du cerveau, siège de la rationalité, de la logique, du raisonnement et du langage.

C’est ce dernier point qui a retenu l’attention des neurosciences : pourquoi n’utilisons-nous qu’une partie de notre cerveau pour réfléchir, apprendre ou innover ?

Aujourd’hui, dans les pays anglo-saxons, les applications pratiques des travaux des scientifiques sont présents partout et à tous âges, et font l’objet de développements logiciels tous azimuts[2] : le mind-mappingest utilisé à l’école élémentaire, à l’université, dans les plus grandes compagnies (les ingénieurs de chez Boeing ont conçu leur moteur à l’aide d’une de ces fameuses cartes, recouvrant plusieurs murs !), dans les département R&D, lors de présentations, pour les formations ou simplement pour se creuser la tête.

Le mind-mapping (« carte heuristique » en français) repose sur quelques principes simples :

• une représentation spatiale des idées

• peu de mots (mais des mots-clés, soit 10 % des mots employés dans un texte)

• des images ou des dessins et de la couleur

À l’aide de ces principes simples[3], le mind-mapping active des ressorts essentiels de la pensée :

• la vision d’ensemble et la prise en compte simultanée de tous les aspects d’une problématique

• la capacité de synthèse

• la mise à contribution de l’hémisphère droit du cerveau (le côté créatif, spatial, synthétique)

• la mémorisation détaillée

• la fléxibilité de la pensée

Les applications pratiques du mind-mapping sont infinies, mais on pourra citer en particulier la recherche d’idées innovantes, la planification, la prise de note, le compte-rendu (de réunion, de lecture), la formationou encore la prise de parole en public.

En résumé :

Les usages d'une carte mentale

 

 

 

 

 

 

 

Avis d’expert par André Meyer, consultant formateur, travaille notamment sur l’intelligence visuelle, les techniques de créativité, l’organisation et l’efficacité, et l’utilisation raisonnée des nouvelles technologies.
Intervenant EFE, il anime les formations « Améliorer son efficacité grâce au Mind mapping » et « Dynamiser ses réunions grâce au Mind mapping »



[1] Tony Buzan, le père du mind-mapping, a commencé ses travaux dans les années 70

[2] Pour la plupart gratuits

[3] Ces principes sont d’ailleurs à la base des fameuses conférences TED ou des nouvelles approches dans le design des présentations Powerpoint, notamment chez Garr Reynolds