Neurosciences : ce qu’elles apportent au management

C’est quoi les neurosciences ?

Durant les années 60, les neurosciences ne concernaient qu’une branche de la biologie étudiant le système nerveux puis ont évolué vers une coopération entre des branches scientifiques différentes : biologie, psychologie, anthropologie, médecine, chimie, informatique, mathématique, cybernétique.

Aujourd’hui, bien des secteurs ont compris tout l’intérêt de leurs apports quant à la connaissance des fonctionnements humains : l’économie, le marketing, la finance, le management, l’éthique, la communication et même le monde judiciaire.

Grâce aux avancées des technologies d’imagerie médicale, les neurosciences permettent, par l’observation du cerveau en action, d’appréhender les processus à l’œuvre dans nos comportements relationnels, nos motivations, notre propension à la résistance/acceptation/adaptation au changement…

Dans la mesure où celles-ci offrent une approche de plus en plus précise des processus et comportements humains, elles demandent, comme tout progrès, à être utilisées avec éthique. Le danger pourrait venir d’une tentation de façonner dès l’enfance des êtres d’excellence, ou de manipuler des groupes humains ou des individus.

Comprendre les comportements dans l’entreprise grâce aux neurosciences

« L’homme a acquis des connaissances énormes sur le monde inanimé, mais sa connaissance de lui-même n’a pas suivi une accélération identique et il manie aujourd’hui, en pleine ignorance du fonctionnement de son inconscient, une puissance de destruction considérable » Henri LABORIT, Chirurgien et neurobiologiste
L’entreprise est une illustration de cette méconnaissance. Il n’est que de consulter les études sur l’état général actuel de la motivation, de s’informer sur tous les cas de conflits au travail, d’écouter les difficultés de certains dirigeants à construire des stratégies pour leur entreprise ou encore d’observer au sein des organisations :

  • Les incompréhensions et résistances au changement,
  • Les certitudes bloquantes,
  • Les difficultés à innover, à anticiper/intégrer les tendances
  • Les freins à l’évolution d’une culture managériale ou d’entreprise

Ces exemples d’incompréhensions nous montrent quotidiennement qu’il ne suffit pas d’être un humain pour savoir interagir harmonieusement avec d’autres humains, et pour comprendre les stratégies inconscientes que les (qui nous) animent. Et cela que l’on soit dirigeant, manager ou collaborateur.

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La plupart du temps, la régulation relationnelle en entreprise de même que le management s’effectuent de manière empirique et intuitive. Les représentations, le cadre de référence, l’expérience personnelle de chacun, SA vérité, deviennent alors LA vérité. Ce qui aboutit très fréquemment à des rapports de forces, des jeux de pouvoirs et d’influence, des quiproquos relationnels…

Les neurosciences offrent pourtant des connaissances de plus en plus précises qui changent le regard sur l’humain et sur l’entreprise :

  • Elles prouvent aujourd’hui de manière scientifique le lien entre état émotionnel apaisé, bien-être social, développement cognitif et performance humaine, et donc de l’entreprise.
  • Elles permettent de comprendre certains de nos automatismes biologiques, de les dépasser ou de les utiliser autrement.
  • Elles permettent de mieux comprendre les ressources et les filtres de l’intelligence humaine dans la conduite des entreprises.
  • Elles nous amènent ainsi à réfléchir et à penser l’organisation et la collaboration d’une manière différente.
  • Elles torpillent des « neuromythes » et changent ainsi le regard que l’on pouvait avoir sur l’humain en général, et sur les humains qui nous entourent en situation professionnelle notamment.

Collaboratif, adaptation au changement, motivation et apprentissage

Les neurosciences nous apportent un éclairage précieux sur

Le fonctionnement de l’intelligence humaine

  • La pensée est incarnée : les liens sont établis à présent entre la structure physiologique du cerveau et la pensée. Cela offre ainsi de nouvelles voies pour la montée en compétences et le processus d’apprentissage.
  • La plasticité du cerveau est immense : le cerveau apprend tout au long de la vie, se développe et se réorganise au fur et à mesure des apprentissages, c’est-à-dire des connexions et éliminations synaptiques, et l’on sait aujourd’hui que de nombreux neurones se régénèrent (neurogénèse).

Les stratégies de résistance au changement, de défense, les modes d’adaptation, d’évolution

Le changement est un processus constant qui concerne tous les êtres vivants. Modifications mineures ou grands bouleversements, nous vivons des évolutions permanentes, et sommes totalement inconscients d’une grande partie d’entre elles. D’autres mutations provoquent au contraire contournements, luttes ou crispations, que l’on appelle des résistances.

Contrairement aux machines, seuls les êtres vivants peuvent faire les ajustements nécessaires pour s’adapter à des modifications de leur environnement. Et lorsque des changements se produisent dans l’entreprise, l’apport des neurosciences permet de comprendre les mécanismes de résistance et, ainsi, donner les moyens d’aider aux adaptations nécessaires.

Les sources et mécanismes de motivations

Les neurosciences vont nous livrer là aussi des apports essentiels sur les moteurs et les freins humains.

Si Maslow a eu le mérite de proposer un premier modèle les neurosciences nous ont permis de le faire évoluer. Les neurosciences apportent des éléments pour mieux comprendre quels sont les environnements stimulants et les cadres limitants, quels sont les ressorts de la motivation. Sujets au cœur des préoccupations de l’entreprise et du manager quand on sait que seuls 9% des salariés se sont déclarés engagés dans leur entreprise en 2014 (Gallup).

maslow

La place et l’importance de l’émotion

Dans un environnement qui tend à la dénier, l’entreprise, l’émotion est pourtant tout aussi présente ici que dans les autres situations de la vie. Les neurosciences nous apprennent en quoi elles sous-tendent nos fonctionnements :

  • Les apprentissages
  • La mémoire
  • La cohésion
  • La prise de décision : sans émotion, il est démontré que l’on ne peut plus rendre de décision rationnelle
  • La motivation
  • Les stratégies de défense et d’opportunité

 

La manière d’interagir socialement et de collaborer

La collaboration et l’altruisme comme ancrages biologiques viennent heurter les croyances des tenants de l’homo economicus, mais sont néanmoins une réalité. Les neurosciences nous montrent l’importance des relations sociales, de l’émotion, de l’empathie, de la reconnaissance et de la solidarité.

Manager avec les neurosciences : vers une meilleure collaboration !

De nombreux autres apports à l’entreprise et à l’humain pourraient encore être cités, les quelques éléments ci-dessus n’étant qu’un panel bien réducteur et bien incomplet. Ce qui peut toutefois être ajouté, c’est qu’il est véritablement passionnant de pouvoir accompagner aujourd’hui les entreprises dans une démarche de culture et d’organisation collaborative, grâce à ce support fantastique que sont les neurosciences. Manager (soi-même et manager les autres) en se basant sur cette compréhension des besoins humains, constater que les besoins de l’humain peuvent être parfaitement compatibles avec les besoins de l’entreprise donne une vision très positive des possibles.

sandrine musel tedAprès un Master I en langues étrangères et 5 ans dans une PME, Sandrine Musel prend la tête d’une équipe marketing-communication pendant 10 ans dans une société internationale de téléconférence.
C’est dans ce cadre qu’elle s’est intéressée à l’apport des neurosciences. Consultante-coach depuis 2007 après un cursus en neuromanagement, elle anime la formation EFE « Manager avec les neurosciences«