Futur retraité: quelle sera votre identité une fois à la retraite ?

Le passage à la retraite représente un changement majeur dans la vie d’un homme ou d’une femme. Il s’agit d’abord de penser à qui nous sommes, qui nous voulons être. Presque tout le monde s’interroge un jour sur son identité personnelle. Qui suis-je maintenant que je ne vais plus travailler ?

Pour mieux définir l’identité, les sociologues distinguent trois besoins fondamentaux : la reconnaissance, l’appartenance, la différence.

La reconnaissance, c’est-à-dire l’estime que nous portent les autres et celle que nous nous portons à nous-mêmes, à savoir l’estime de soi.

Nous avons tous le désir d’être reconnus. Ce n’est pas une question d’orgueil, d’immaturité ou d’égoïsme. Cela fait partie des besoins de l’être humain. L’indifférence nous est tellement insupportable que nous préférons recevoir des signes de reconnaissance négatifs à aucun signe de reconnaissance. Il peut nous arriver de provoquer dans le seul but d’obtenir une réponse, quitte à ce qu’elle soit cinglante !

Nous acquérons cette reconnaissance en nous réalisant par l’action : autant dire que le travail nous comble car il nous pousse à agir par le biais des responsabilités, des défis, des objectifs, des engagements… Le travail satisfait nos besoins du Faire et de l’Avoir.

Il nous apporte d’abord un métier avec un pouvoir, de réelles occasions de développer nos compétences, d’obtenir des résultats concrets, d’être utile. Grâce à ce métier, nous sommes reconnus non seulement par nos supérieurs, nos collègues, nos interlocuteurs professionnels, mais aussi par ceux que nous fréquentons en dehors du travail.

Il nous apporte aussi un statut, celui d’actif, de force vive de la Nation et parfois le prestige d’une fonction. Notre ego est confortablement rassuré !

A la retraite, nous perdons à la fois le métier et le statut et cela peut nous déstabiliser et ébranler notre identité. A tel point que le sociologue Vincent Caradec précise qu’il va falloir passer d’une « identité attribuée de l’extérieur à une identité assumée personnellement. »

C’est dire l’importance de l’estime de soi, du jugement global que nous portons sur nous-mêmes ; nous pouvons l’entretenir et la développer à partir de trois pistes :

  • un amour de soi inconditionnel qui ne dépend pas de nos performances, mais du respect de nos besoins et de nos aspirations. Grâce à ce sentiment d’avoir dans toutes les situations de la valeur, nous pouvons mieux résister au fait d’être déboussolé voire de faire face aux épreuves de la vie.
  • une vision positive de soi c’est-à-dire la conscience de ses talents, de ses capacités pour apporter sa modeste contribution au monde et pour se projeter dans l’avenir.
  • la confiance en soi qui se traduit notamment dans la conviction d’être capable de dépasser une « traversée du désert » et d’apprendre de nos erreurs.

Même si nous entendions des échos nous classant comme des « has been », nous aurions ainsi les moyens de garder une bonne opinion de nous-mêmes !

 

Le second pilier de l’identité est l’appartenance. Nous sommes des êtres sociaux et nous avons besoin d’être intégrés dans des cercles relationnels.

Nous appartenons à une famille et nous y avons notre place en tant que conjoint, parent, enfant, grand-parent oncle, tante … Ce n’est pas un hasard si les arbres généalogiques sont plutôt le fait de seniors que de trentenaires ! Nos racines prennent de l’importance.

Nous avons à cœur de partager nos ressemblances. Cela peut consister par exemple à cultiver nos origines géographiques ou culturelles.

Nous appartenons aussi à une commune, un quartier, une paroisse, un syndicat, un parti politique, une association, des cercles d’amis … « Dis-moi qui tu fréquentes, et je te dirai qui tu es. »

Quoi qu’il en soit, les liens sociaux sont une priorité à surveiller au moment du passage à la retraite.

 

Le dernier pilier de l’identité repose sur le fait que nous sommes une personne unique au monde, nous sommes tous différents les uns des autres.

Notre carte nationale d’identité en témoigne : sont mentionnés nom, prénom, sexe, taille, date et lieu de naissance, adresse.

Nos caractéristiques physiques, notre apparence, notre silhouette, notre visage nous distinguent les uns des autres. Parfois même, nous disons qui nous sommes en précisant même une maladie ou un handicap.

Le fait de nous affirmer tels que nous sommes, dans nos opinions, nos choix, nos décisions nos valeurs nous aident aussi à cultiver notre unicité. C’est d’ailleurs une façon de donner du sens à notre existence.

En conclusion, le premier défi de la retraite est de procéder au réajustement nécessaire de notre identité.

A nous un peu d’introspection ! A partir du moment où l’équilibre ancien est rompu, cela va avoir des incidences sur l’ensemble de notre façon d’être.

Allons-nous nous investir dans notre famille, en tant que bénévole, citoyen responsable, consomm’acteur éclairé, voisin, copropriétaire, voyageur du monde … ?

Tel le homard de Françoise Dolto qui, en procédant à sa mue, symbolise la fragilité de l’adolescence, nous allons peut-être vivre une métamorphose, une « seniorescence » : un physique que nous ne contrôlons pas, des questionnements, des doutes, voire des inquiétudes face au passage entre la maturité et la vieillesse.

Et pour quoi pas une « senior-essence » ? Car c’est aussi une période où tout est possible. Nous devenons nous-mêmes, nous redécouvrons notre personnalité profonde. Nous subissons moins les pressions, les influences. Nous allons vers plus d’intériorité. Vers l’Etre.

 

[/vc_column_text][dt_quote font_size= »normal » background= »fancy »]Marie-Laure Doucet,  passionnée de l’humain transmet avec optimisme et enthousiasme tout ce qui touche à la communication interpersonnelle, à la confiance en soi, et au développement personnel. Grâce à sa solide expérience de formatrice, elle est devenue spécialiste de la préparation à la retraite et du projet de vie. Son goût de transmettre ne se limite pas à la formation. Intervenante chez EFE, elle anime la formation « 3 étapes pour vivre pleinement sa retraite ».[/dt_quote][/vc_column][/vc_row]