Manager agile, nouveau graal ?

Le management est un objet en constante reconfiguration sous les effets des évolutions sociétales, économiques, scientifiques ou technologiques.

Parfois s’observent des accélérations par des effets de mode et une certaine propension de certains acteurs à préempter un territoire commercial en imposant un nouveau concept ou à défaut une nouvelle dénomination de concepts existants. La notion d’agilité est ainsi dans l’air du temps.

 

Comment ne pas noter l’influence sur le management agile, des méthodes de projets dites agiles, ( Scrum, Lean IT, Lean Start Up, … ) pour améliorer la capacité à s’adapter rapidement aux modifications de la demande client ?

De plus en plus mouvante et évolutive, témoignant d’un contexte instable d’où surgissent parfois des usages inattendus, ces « nouvelles » façons managériales mettent au moins autant l’accent sur l’humain et les qualités des interactions entre acteurs que sur les aspects méthodologiques massivement participatifs et itératifs.

Participatif, libérant, autonomisant, responsabilisant, bienveillant… nombreux sont les qualificatifs, de registres assez différents, pour mettre l’accent sur les vertus et les effets attendu-e-s des modes de management actualisés.

Ils requestionnent fortement différentes facettes du(es) rôle(s) du manager : Sa posture, Sa façon d’engager sa responsabilité, d’exercer son autorité, ses nouvelles compétences relationnelles, son positionnement dans l’organisation, sa capacité à développer les compétences de ses collaborateurs,

Le manager doit donc à la fois faire évoluer sa posture avec son équipe et également traiter l’ensemble des dimensions relationnelles de son écosystème interne ( Pairs, hiérarchie, fonctions supports, …) et externe (client, fournisseurs, organisations tierces, …).

 

Il doit aussi structurer son temps différemment pour faire face aux multiples sollicitations accentuer par les multiplications des canaux de communication numériques.  Avec des équipes de plus en plus souvent dispersées géographiquement, parfois sur différents fuseaux horaires, l’avènement des tiers lieux et du télétravail, le manager doit aussi restructurer son espace et son temps. En effet, la distance physique et le management de cette distance sont des réalités quotidiennes et non pas des exceptions. Ainsi les modalités de fonctionnement collectif, les rituels d’équipe sont-ils à réagencer pour tenir compte de la co-existance de ces différentes modalités.

Pas plus qu’avant, il n’y a pas de recettes managériales miracles, de panacées. Mais sans doute de façon plus accentuée qu’auparavant, le rôle de manager s’inscrit-il dans une dynamique relationnelle multiple et complexe. Dans cet environnement inconstant, les certitudes sont autant de chausse-trappes potentielles, et la nécessité de questionner et de reconsidérer, de façon itérative et fréquente, l’environnement, les différents acteurs, leurs positions, leur liens et leurs enjeux respectifs, et ses propres habitudes sont de précieux repères pour dégager des pistes d’efficience managériale.

La souplesse relationnelle à laquelle est contraint le manager plongé dans la complexité implique itérations incessantes et questionnement  permanent des situations.  Alors oui, on peut considérer que l’agilité relationnelle du manager est clé.

 

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[dt_quote font_size= »normal » background= »fancy »]Bruno BOUSSUGE est aujourd’hui coach et consultant avec une spécialité sur l’efficacité collective et les organisations apprenantes. Après plus de 20 ans en entreprise dans le monde audiovisuel et dans l’industrie financière à manager des équipes sur des projets innovants, il intervient aujourd’hui en accompagnement d’équipe en privilégiant la qualité relationnelle au service de l’efficacité opérationnelle.Intervenant EFE, il anime les formation « Management bienveillant », « Manager une équipe de managers« , « Piloter la relation client dans les projets« .[/dt_quote]