Management et cuisine : une question d’envie

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Passionnée de cuisine et de management, j’ai choisi aujourd’hui de vous montrer en quoi ces deux mondes, a priori étrangers l’un pour l’autre, sont finalement très proches !
En cuisine comme en management, tout est question d’expertise nous dit-on : le savoir-faire et l’expérience sont fondamentaux, les règles précises. Cependant, il n’y a jamais eu autant de cuisiniers amateurs talentueux et les jeunes managers inventent tous les jours de nouvelles règles efficaces pour travailler en équipe. Et si tout cela n’était qu’une question d’envie et d’organisation ?

 

Petit parallèle culinaire et managérial

Mes interventions auprès de nombreux managers de secteurs très différents m’ont permis de comprendre une chose fondamentale : le management est avant tout une question de volonté, d’engagement vers l’autre et d’envie de soutenir, d’épauler…
Car les managers rencontrés sont bien tous confrontés à la même difficulté structurelle : le temps ! « Tu comprends, les outils que tu nous présentes sont très intéressants mais pas pour nous, on arrive à peine à faire le travail demandé et à boucler les objectifs. Bien sûr que j’adorerais réunir mon équipe, travailler avec eux sur le sens, les changements à mener dans notre organisation, dans notre façon de travailler, mais cela est impossible ! Tout le monde court, je remplace les absents et je pallie au plus urgent… »

 

Côté cuisine, nombre de mes amis se désespère : « Quoi ? tu fais du pain ??? Et en semaine en plus ! Non mais là, la semaine, moi c’est pâtes et jambon, pizza ou plats surgelés et heureusement qu’en été on peut faire une salade…De toute façon je suis tellement crevé quand je rentre, que l’idée même de cuisiner m’achève ! »
Bien sûr le tableau est un peu exagéré… parfois le sport ou les activités culturelles (ou ménagères) prennent le pas sur la cuisine. Et le constat reste sans appel : cuisiner prend du temps !

 

 

Consacrer plus de temps au management ?

Est-il bien raisonnable de consacrer plus de temps au management quand les moyens humains et techniques ne sont pas suffisants à réaliser les activités opérationnelles au quotidien ? Oui, absolument, et je vais vous dire pourquoi !
Dans une époque où nous faisons tous des milliers de choses, où la sensation d’accélération du temps est prégnante, il s’agit bien, alors, de faire des choix, de clarifier ses priorités et de s’en donner les moyens.
Le manager qui va prendre le temps de jouer son rôle aura pris le recul nécessaire pour analyser la situation, évaluer les risques et les priorités afin de proposer un plan adapté à sa hiérarchie et à son équipe.

Consacrant le temps nécessaire à son équipe, il saura alors recadrer rapidement et à temps les projets qui dérivent afin d’éviter les conflits et la non-atteinte des résultats, déléguer efficacement afin de se soulager et faire grandir ses collaborateurs.
Il saura également écouter, faire appliquer les changements en leur donnant du sens pour minimiser les RPS et autres maladies professionnelles et donc gagner du temps…et des coûts indirects.
L’investissement temps du manager lui sera alors rendu au centuple grâce à l’implication et à la motivation de son équipe et bien sûr à la non-gestion des irritants traditionnels que sont les conflits, les mauvaises réalisations, absences injustifiées ou autres…

 

Pour la cuisine le sujet est plus délicat car il va dépendre des objectifs personnels de chacun :
Bien manger implique-t-il pour moi une notion de plaisir, de partage d’un bon repas, un moment de détente apprécié en famille ? Ou peut-être une question de santé ou pour se faire plaisir ?
Peu importe votre objectif, manger bon et beau procure du plaisir, détend, favorise les échanges en famille et en société en améliorant notre santé…et notre budget ! Car cuisiner des produits simples et bruts, de bonne qualité, revient moins cher que l’achat de plats tout prêts industriels.
Les bénéfices dans les deux cas sont donc assez simples à mettre en évidence.

 

 

Qu’est-ce qui nous empêche alors de ne pas le faire au delà du manque de temps ?

Deux critères principaux vous nous empêcher de changer nos modes de fonctionnement.
Le premier est l’habitude.
À court terme, les habitudes nous permettent d’aller plus vite et d’être plus efficaces, pas de question à se poser, on fait ce que l’on sait bien faire et il n’y a aucun risque de se tromper…ou presque, puisque bien sûr l’habitude bloque la créativité et est un frein puissant au changement !
Pour vaincre l’habitude, il va donc falloir décider et organiser le changement.
Organiser les changements passe par la planification de ces derniers, l’explication et le sens, de façon à ce qu’ils deviennent de nouvelles habitudes !
Ainsi, une équipe au courant et bien informée des nouvelles pratiques, trouvera vite son intérêt à travailler en interaction positive avec son manager plutôt qu’en mode pompier permanent ! Le manager est présent mais laisse l’autonomie et pousse ses collaborateurs à prendre des responsabilités. Ceux-ci y vont, rassurés et assurés qu’ils ne sont pas seuls et que les responsabilités sont partagées avec la hiérarchie.

 

Côté cuisine, l’organisation va principalement passer par le remplissage de mon frigo en fonction d’une petite liste de recettes efficaces et simples à disposition !

Le deuxième critère est la fixation d’objectifs inatteignables.
L’enthousiasme prenant le pas sur la raison, me voilà déjà en train d’annoncer à mon équipe que maintenant nous allons être super organisés, que nous aurons tous les jours un point opérationnel d’une demi-heure, que je suis bien sûr disponible pour tout problème amené avec une solution, etc.
Vous l’avez compris mes bonnes résolutions, mon enthousiasme et un planning à jour ne suffiront pas … l’analyse de la situation devra être appréhendée en mode gestion des risques, les activités prioritaires menées peut-être en mode dégradé et l’évolution des résultats régulièrement pilotée.

Idem si j’annonce à ma famille « Allez, à partir de lundi, je vous mitonne des petits plats et c’est desserts à gogo ! »
Non, bien sûr, tarte Tatin ou Saint Honoré tous les soirs sont des objectifs peu réalistes, sauf si la pâtisserie du coin me donne un petit coup de main !En revanche, préparer la soupe de légumes de la semaine et la congeler permet d’avoir des portions à disposition et la préparation de pâtes aux tomates fraîches et basilic change des coquillettes au jambon !
Tout cela bien sûr ne se décrète pas mais se prépare. Les outils existent, les recettes aussi, restent l’envie et la volonté de le faire et de changer son quotidien pour le meilleur.

 

 

Ayez envie, donnez-vous des challenges ! L’enthousiasme et la motivation seront vos alliés !

 

J’ai envie, je veux changer mes habitudes, je suis modeste et réaliste dans mes ambitions mais je fais quoi et comment ? Les quelques exemples donnés peuvent déjà vous inspirer des applications simples et immédiates et stimuler votre créativité avant d’aller plus loin.
Un dernier critère est cependant important car il conditionnera aussi votre enthousiasme et votre changement dans le temps : faite ces changements avec plaisir !

Osez, faites-vous confiance et vous serez surpris des résultats !

 

Dans la même série, vous pouvez également retrouver notre article Conduite de réunion ou pâte à tarte : même combat !

 

[dt_quote font_size= »normal » background= »fancy »]Nathalie Barthélémy occupe pendant plus de 15 ans différentes fonctions de management. En 2010, formée au Coaching, elle créée sa propre structure. Elle intervient en tant que formatrice, coach et consultante. Son activité l’amène à accompagner les entreprises en gestion de projet ou support à la mise en oeuvre opérationnelle de nouvelles organisations. Elle anime chez EFE les formations Réussir ses réunionsLes outils du manager occasionnel et le Cycle Certifiant Manager de proximité[/dt_quote]